Le ministre togolais de la Santé publique, Mme Suzanne Aho, a estimé, samedi sur la télévision nationale, qu'il était nécessaire que les règlements sur la vente des produits pharmaceutiques soient appliqués pour la sécurité sanitaire des populations.
Mme Aho a vivement condamné la vente des produits pharmaceutiques par les détaillants sur les marchés et aux abords des rues. Elle a relevé les risques liés à l'exposition de ces produits aux intempéries et aussi à leur origines douteuses, annonçant que les forces de l'ordre et les services des douanes seront impliqués dans cette lutte.
Les vendeurs de la plupart de ces produits, de fabrication indienne, indonésienne, singapourienne et malaisienne, s'approvisionnent à partir du Ghana, du Bénin et du Nigeria voisins qui sont de grands marchés en cette matière.
Les inquiétudes évoquées par le ministre de la Santé sont de l'ordre de la qualité et du respect des dosages des substances entrant dans la fabrication de ces produits et aussi de la compétence et fiabilité des laboratoires qui les produisent.
Certains comprimés ou sirops sont de placebos abusifs ou de produits sans effets médicamenteux, alors que les patients qui se les procurent pensent soigner des maux souvent chroniques.
"Le comble est que des vendeurs des produits, même sans un niveau d'instruction élémentaire, se permettent de prescrire des produits qu'ils vendent ou les recommandent à des clients qui les approchent", a regretté un responsable du Centre Hospitalier Universitaire de Lomé.
"Ces personnes qui s'érigent en médecin de circonstances ordonnent des posologies sans pouvoir apprécier le degré de souffrance du malade et le degré d'évolution de la maladie, et sans pouvoir faire un suivi médical", a-t-il fait remarquer.