
Dimanche, 30 juillet 2006
Les premières élections multipartites de la République démocratique du Congo (RDC) se déroulent dimanche dans un climat tendu. Le pays est asphyxié par la corruption et le pillage des ressources.
La République démocratique du Congo (RDC) ou ex-Zaïre est sur le point d'écrire une nouvelle page de son histoire tourmentée. Plus de 25 millions d'électeurs sont attendus aux urnes dimanche pour les premières élections libres de la RDC depuis son indépendance en 1960 : 33 candidats s'opposent au premier tour de la présidentielle et 9.707 candidats se disputeront 500 sièges aux législatives.
La tenue de ces élections pourrait ouvrir la voie à la relance économique d'un pays miné par la corruption, la contrebande et l'exploitation illégale de ses richesses. Nul n'ignore en effet l'énorme potentiel minier de l'ex-Zaïre qualifié un jour de " scandale géologique ". Son sous-sol regorge en effet de cuivre, d'uranium, d'or, de diamants et de coltan, minerai rare utilisé notamment pour la fabrication des téléphones portables. La RDC possède également des réserves importantes de pétrole.
Peu d'investissements. Toutefois, si le secteur minier est plus important en termes de PIB, l'économie repose essentiellement sur l'agriculture. Et pour cause, 70 % de la population est rurale. Mais toutes ces ressources naturelles ont été pillées au cours des nombreux conflits qu'a connus la RDC. Le secteur minier s'est effondré au début des années 90, l'agriculture a souffert d'un trop peu d'investissements et la guerre régionale de 1998 à 2003 a fini d'engloutir 80 % des ressources du pays.
Le conflit a également eu des conséquences désastreuses pour le peuple congolais. La paralysie des secteurs économiques a entraîné une forte hausse du chômage, pénurie alimentaire et malnutrition. Selon la Banque mondiale, le revenu brut par habitant était de 120 euros en 2004.
C'est là tout le paradoxe de la RDC : un pays pauvre qui abonde de ressources. Des richesses peu et mal exploitées qui ont suscité la convoitise des représentants de l'État, des multinationales et des groupes armés. En mars 2001, un rapport de l'ONU a dénoncé le pillage systématique du secteur minier par les pays voisins. Signe du chaos économique, aujourd'hui, le budget de l'État est financé à 57 % par l'aide extérieure. Le gouvernement de transition instauré en 2003 et mené par le président sortant Joseph Kabila a cependant réussi à maîtriser l'inflation.
Le Fonds monétaire international (FMI) estime d'ailleurs que le taux de croissance sera de 6,5 % en 2006. Une fois élu, le nouveau gouvernement aura donc la lourde tâche de sortir le pays du gouffre. Et, pour l'ONG britannique Global Witness, " la transparence des contrats miniers " et " la lutte contre la fraude " doivent être les grandes priorités du prochain gouvernement.