
Le président togolais contesté Faure Gnassingbe pourrait se rendre lundi à Libreville, au Gabon, à l'invitation du doyen des chefs d'Etat africains, Omar Bongo Ondimba, depuis que la situation qui prévaut au Togo réunit tous les ingrédients pour une révolution qui libérerait le peuple togolais du joug de la dictature et de l'oppression.
Samedi, la capitale, Lomé, se trouvait en état de siège, une situation que le pouvoir n'avait pas prévue et ne contrôlait pas totalement encore ce dimanche.
La deuxième élection présidentielle a lieu le 21 juin 1998 avec cette fois la participation de l'opposition. Mais durant la phase de dépouillement du scrutin, la commission électorale nationale démissionne sous la pression du pouvoir.
Le ministère de l'intérieur prend en charge la poursuite des opérations et déclare le Général Eyadéma vainqueur dès le premier tour avec 51,13% des voix. L'opposition dénonce des fraudes massives et manifestes. Gilchrist Olympio, en particulier, revendique la victoire et ne reconnaît toujours pas la légitimité du pouvoir.
En l'absence de garanties, l'opposition décide de boycotter les élections législatives du 21 mars 1999. Le RPT remporte 79 des 81 sièges, les deux sièges restant allant à des candidats indépendants. Le bras de fer entre le pouvoir et l'opposition s'est poursuivi. Pour désamorcer la crise, le Général Eyadéma annonce en juillet 1999 qu'il ne se présentera pas aux élections présidentielles prévues pour 2003.
Dans la même lancée, le pouvoir et l'opposition signent en juillet 1999 un accord en vue de la tenue d'élections législatives anticipées prévues initialement pour mars 2000 mais reportée en vue de préparer leur bon déroulement.
La Commission Electorale Nationale Indépendante a déjà été mise en place et c'est à elle de proposer un nouveau calendrier au gouvernement. Au niveau du gouvernement on notera, pour la première fois, le vote d'une motion de censure au Togo.
L'Assemblée nationale vote le 24 août 2000 par 57 voix sur les 81, le refus de renouveler sa confiance au Premier ministre Eugène Koffi Adoboli, pourtant issue de sa majorité. Il est remplacé par Kodjo Agbéyomè, auparavant Président de l'Assemblée Nationale, le 29 août 2000.
Le premier tour des élections législatives était prévu le 14 octobre 2002. Bien qu'un budget de près de 3,969 milliards de FCFA ait été adopté (mais les fonds manquent encore) par le gouvernement et la Commission nationale électorale indépendante (CENI), ces élections ont été reportées jusqu'au 27 octobre 2002.
Le 11 novembre 2002, la cour constitutionnelle du Togo a confirmé les résultats provisoires des élections législatives du 27 octobre, qui donnaient une large victoire au parti au pouvoir.
Selon les résultats provisoires publiés le 29 octobre par le comité, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, au pouvoir) a obtenu 72 des 81 sièges de la nouvelle Assemblée nationale.
Les neuf autres sièges ont été attribués à quatre partis politiques de l'opposition et une personnalité indépendante. Le Rassemblement pour le soutien de la démocratie et du développement (RSDD) d'Harry Olympio, ancien ministre des droits de l'homme, apparaît comme le "vainqueur" des partis politiques d'opposition avec trois sièges sur huit.
L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et la JUVENTO ont obtenu chacun deux sièges, contre un seul pour le Mouvement des croyants pour l'égalité et la paix (MOCEP). Le dernier siège est attribué au candidat indépendant Kokou Kakaki.
La nouvelle Assemblée nationale compte quatre femmes, contre cinq dans la précédente. Au total, 126 candidats, dont 118 issus de quinze partis politiques, étaient en lice pour ce scrutin.
Selon les chiffres publiés dans le journal officiel, le nombre total des inscrits sur les 81 circonscriptions était de 2.841.079 et les votants de 1.915.875, soit un taux de participation de 67,43%.
Le scrutin s'est déroulé dans le calme, supervisé par des observateurs internationaux qui l'auraient jugé « crédible et transparent ». A la compagne comme dans les villes, la population s'est déplacée pour accomplir son devoir, sauf à Lomé, la capitale, où la participation a été faible suite au mot d'ordre de boycott lancé par l'opposition.