
Cotonou, 6 avril 2006
| Le nouveau président de la République du Bénin, le Dr Yayi Boni, 54 ans, est officiellement installé dans ses fonctions ce jeudi à Porto-Novo, à la suite d'une cérémonie de prestation de serment à laquelle ont assisté les chefs d'Etat du Burkina Faso, du Niger, du Togo, du Nigeria, de la Côte-d'Ivoire, du Ghana et du Congo Brazzaville ainsi que l'envoyé spécial du gouvernement chinois Cui Yongqian. Après le serment reçu par la président de la Cour constitutionnelle, Mme Conceptia Ouinsou, le nouveau président qui prône une "République coopérative et solidaire", a énuméré les quatre priorités de son mandat que sont les ressources humaines, une gouvernance concertée, le développement de l'esprit d'entreprise, la construction de nouvelles infrastructures. |
L'ancien président de la Banque ouest-africaine de développement(BOAD) est élu président de la République à l'issue du deuxième tour du scrutin du 5 mars dernier, rassemblant 74,51% des suffrages,contre 25,49% pour Me Adrien Houngbédji, qui a présenté ses félicitations au nouvel élu.
Candidat indépendant, Yayi Boni a su rallier les ténors de la politique béninoise que sont Albert Tévoédjrè, Emile Derlin Zinsou et une vingtaine de députés à l'Assemblée nationale, avant de bénéficier des consignes de vote de presque tous ses concurrents du premier tour, à l'issue duquel il totalisait un peu plus de 35%, contre 24% pour son poursuivant Me Adrien Houngbédji.
Apparemment, les consignes de vote ont été suivies. Toutefois, certains observateurs estiment qu'avec ou sans consignes, le " candidat du changement" serait passé. Aux yeux des électeurs et plus particulièrement des jeunes et des milieux d'affaires, Yayi Boni (économiste) incarne l'espoir d'une reprise économique, l'amoindrissement du chômage, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance.
Le successeur de Mathieu Kérékou a promis un taux de croissance à deux chiffres (environ 5% actuellement) et le positionnement du Bénin en tête des producteurs du coton ouest-africains à partir de la campagne agricole 2006-2007.
Quoique entouré de toute la classe politique, le docteur Yayi se refuse de faire de la politique politicienne. "Nous sommes venus pour produire de la richesse", dit-il, refusant de constituer un "gouvernement de remerciement". Cependant, des sources bien informées indiquent qu'il a demandé aux partis politiques de lui proposer des cadres pour la formation du gouvernement qui ne saurait plus tarder.
XINHUA