
 | Pour sa première participation à une Coupe du monde, le Togo, avant même d'avoir disputé le moindre match, fait déjà très fort, à coups d'entraînements boycottés, de conflit sur les primes et d'une place d'entraîneur vacante.
Déja, lors de la dernière Coupe d'Afrique des nations, les Eperviers s'étaient totalement écroulés (trois défaites en trois matches) pour des raisons similaires : un clash entre l'attaquant Emmanuel Adebayor et l'ancien sélectionneur nigérian Stephen Keshi ainsi qu'un conflit sur les primes de joueurs, finalement réglé grâce à la médiation d'une commission mise sur pied par les autorités togolaises. |
REVIREMENT
Le dernier rebondissement est donc survenu lundi 12 juin, à la veille du premier match des Togolais. Trois jours après avoir démissionné, l'Allemand Otto Pfister a finalement décidé de reprendre son poste de sélectionneur. "Les joueurs ont fortement insisté pour que je revienne (...).
Oui, je reviens et je serai sur le banc mardi" pour la rencontre contre la Corée du Sud (groupe G), a-t-il déclaré à l'agence d'informations sportives SID. Le porte-parole de la délégation togolaise, Messan Attalou, a confirmé qu'Otto Pfister serait l'"entraîneur pour toute la Coupe du monde".
Après le départ soudain de ce dernier, la Fédération togolaise l'avait remplacé par un ancien adjoint du sélectionneur, Kodjovi Mawuena. Dans le même temps, elle avait entamé des négociations avec un autre entraîneur allemand, Winfried Schafer, vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations 2002 avec le Cameroun, qui avait toutefois posé ses conditions.
Pfister, 68 ans, avait abandonné la sélection togolaise vendredi en raison d'un conflit sur les primes de participation au Monfial. Le doyen des sélectionneurs engagés dans la compétition allemande avait estimé qu'il ne pouvait plus travailler dans des conditions normales, les séances d'entraînement étant interrompues par des négociations entre les deux parties.
La Fédération a proposé une prime de 30 489 euros aux joueurs qui réclamaient, eux, 155 000 euros, puis 120 000 euros, avant de menacer de faire grève, voire de ne pas participer à la compétition. Le chef de l'Etat, Faure Gnassingbé, a même été obligé d'envoyer dimanche une "mission spéciale" en Allemagne pour résoudre au plus vite cette crise interminable qui perturbe considérablement la préparation de l'équipe.
UNE "HUMILIATION NATIONALE"
La "crise des primes" est vécue à Lomé, la capitale du Togo, comme une honte, dénoncée par plusieurs journaux. "Ce qui se passe en Allemagne, c'est une humiliation nationale. C'est une situation à l'image du pays", commente Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de l'UFC, le principal parti d'opposition.
"C'est vraiment malheureux dans la mesure où le Togo est qualifié depuis plusieurs mois et qu'on aurait pu régler ces problèmes avant le Mondial", renchérit un responsable d'une organisation nationale des droits de l'homme. "C'est l'opacité dans la gestion des finances de la Fédération qui a amené les joueurs à ces revendications (...).
Dans ce pays, tout est lié", affirme le parti de l'opposant historique en exil, Gilchrist Olympio.
Selon le porte-parole de la délégation, les négociations sur les primes étaient "sur la bonne voie" lundi l'après-midi. Et les joueurs tentaient de se rassurer. "Ça a toujours été comme ça au Togo", a assuré l'attaquant vedette Adebayor. Mais ils se souviendront longtemps de leur premier Mondial, où ils doivent affonter la Corée du Sud mardi 13 juin, la Suisse le 19 juin et la France le 23 juin.